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09. Arts and Crafts dans votre jardin

Publié le 28 avril 2015

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Aperçu de l’influence britannique dans l’approche jardin-paysage…

Un mouvement pluriel
Le mouvement Arts and Crafts qui s’est développé au Royaume Uni dès 1860 et jusqu’à l’approche de la 1ère guerre mondiale se voulait réformateur, à la recherche de véritables valeurs face à l’industrialisation galopante et à ses méfaits.

Il s’attache au rapport étroit existant entre Beaux-Arts et Arts Appliqués,

  • en développant la relation entre les arts et les métiers
  • en se positionnant en faveur des ouvriers à travers la reconnaissance de leur savoir-faire et de leur maîtrise des matériaux
  • en prenant en compte le milieu
  • en ayant recours à la nature comme modèle (végétaux, animaux, symboles de la nature plus ou moins stylisés)
  • en valorisant la cohérence : utilité / simplicité / harmonie
  • en intervenant sur les objets usuels quotidiens (une des bases du design).

Créé par W. Morris (1834-96), inspiré de la pensée de J. Ruskin, et initiateur de mouvements artistiques européens analogues (l’Art Nouveau en France, et au-delà les mouvements modernistes du XX° dont le Bauhaus), le mouvement Arts and Crafts rassemblait nombre d’artistes-artisans et de peintres-architectes tels que Margaret MacDonald et Ch. Rennie Mackintosh.

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Figures emblématiques du jardin

La création des jardins, quant à elle, fut représentée magistralement (au point de devenir le symbole de l’art du jardin anglais) par :

  • Gertrude Jekyll (1843-1932)

Artiste peintre, photographe, formidable coloriste, conceptrice (qui cultivait les végétaux qu’elle souhaitait utiliser dans sa pépinière du Surrey) de plus de 400 jardins en Grande Bretagne et à l’étranger.
En 1898 elle réalisa, en collaboration avec l’architecte Edwin Lutyens, le célébrissime Bois des Moutiers à Varengeville (Seine Maritime) qui fait figure de « véritable manifeste Arts and Crafts ».

©Bois Des Moutiers

©Bois Des Moutiers

  • William Robinson (1838-1935)

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>Botaniste, jardinier, journaliste, W. Robinson travaille sa vie durant à l’élaboration de théories naturalistes du jardin, réunies dans son œuvre maitresse Wild Garden, enrichies à chacune des éditions réalisées de son vivant. Contemporain de G. Jekyll avec qui il collabora pendant des décennies. Leur association professionnelle permit de comparer réflexions et recherches, tant dans leurs publications abondantes que dans leurs réalisations. Leurs propos résonnent encore aujourd’hui de façon étrangement actuelle :

« Le jardinier du paysage ne commence que lorsque le jardin lui-même est achevé […] il n’existe aucun jardin en Angleterre qui ne doive une part de sa dignité ou de sa beauté à la liberté et à la grâce du jardinage du paysage ».

Avec cette description minutieuse et évolutive, le Wild Garden fait plus penser au jardin naturel qu’au jardin sauvage, c’est-à-dire celui qui s’organise hors des règles. Partisan de la naturalisation des plantes introduites, tout à fait rustiques pour n’entrainer aucun souci cultural, William Robinson insiste sur la nécessaire observation de la nature et, … « le secret de la terre » qui évoque curieusement le concept récent de « génie naturel » soutenait par G.Clément

4rf29-logo_formulaire_copie  EN SAVOIR PLUS SUR L’APPROCHE DES JARDIN

Bibliographie :

  • Dernière traduction française parue : Florence ANDRE, Le jardin sauvage ou jardin naturel, le fameux WILD GARDEN, éditions PETIT GENIE.
  • Aline RAYNAL-ROQUES, La botanique redécouverte, éditions Belin
  • Noémie VIALARD, Le jardin spontané, éditions Delachaux Et Niestlé

« Le jardin spontané laisse toute sa place à la nature, au respect des espèces indigènes et à la biodiversité. Il repose pour une grande partie sur les semis naturels des plantes que le jardinier repère et récupère, […] puis cultive en les mariant aux autres plantes. C’est aussi un jardin malin : il ne coûte presque rien puisqu’il repose avant tout sur la «récupération» de ce qu’offre spontanément la nature. Il permet également d’entrer dans une chaîne de partage… »
– Noémie Vialard –