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Un regard du CAUE sur...

Eglise Notre-Dame des Flots, bien plus qu’un hangar

Avenue de l'Adjudant Guittard 33680 Lacanau-Océan
Programme

Une église modulable selon les saisons

Concepteur(s)

Agence AGORA (Maxwell, Moreau, Duclos)

Maître(s) d'ouvrage

Non communiqué

Type de réalisation

Equipement cultuel / funéraire

Date de réalisation

1964

Surface

Non communiqué

Coûts

300 000 Francs (prix de revient faible pour la fin des années 1960)

Crédits photos

CAUE de la Gironde

Date de mise à jour

28 novembre 2016

Comment une église peut-elle accueillir dans les mêmes bonnes conditions 100 fidèles, résidents permanents l’hiver, et jusqu’à 1000 estivants en saison haute ?

Une architecture modulable
L’église Notre-Dame des Flots propose une double orientation :
En été : les deux tiers de l’église peuvent se remplir de bancs et proposer 580 places assises ainsi qu’un espace libre pour suivre la messe debout. La structure métallique scande l’espace sans toutefois gêner la visibilité.
schéma-eglise-été
En hiver: 4 panneaux mobiles translucides (un par travée) s’abaissent pour restreindre l’espace. Le chœur se tourne alors face aux fidèles.

schéma-eglise-hiver
Ce dispositif spatial n’est plus fonctionnel aujourd’hui, car mal compris et jugé dangereux, il a été ôté à la demande du curé.

Une architecture rudimentaire
Le plan est simple : la trame orthogonale (7×4) est composée d’une ossature apparente en acier sur lesquels repose une toiture en bacs d’aluminium juxtaposables et inclinés en double pente (modèle « Prouvé »). La toiture déborde modestement sur 3 côtés et forme plus largement sur le quatrième côté un auvent d’entrée.
Ce décalage protège les murs de clôture en briques creuses apparentes et vernies,

A l’intérieur, aucun traitement d’ « embellissement » ou de « dissimulation » c’est selon, n’a été entrepris : la sous-face des bacs acier est restée visible, tout comme l’ossature métallique. Le sol se pare de simples tomettes rouges et les vitraux ne sont que des dalles de verre brut.

Cette sobriété a généré incompréhension, conflit entre maîtrise d’ouvrage et architectes.

Le père Jean Capellades écrivait au sujet de cette église, dans un numéro de l’Art sacré :
« En définitive, on reproche à cette église de ne pas être ce qu’elle aurait pu être si elle avait coûté deux ou trois fois plus cher, ou plus exactement de ne pas essayer d’en donner l’illusion. »
« Ce n’est qu’un hangar mais un hangar dont la qualité exprime non la médiocrité mais l’éclat de la pauvreté angélique alors que tant d’architectures boursouflées ou mignardes témoignent de notre vanité et de nos petitesses. »

Cette église a reçu le Label Patrimoine du XXe siècle en 2015.

Un extrait de thèse sur l’église…
Les informations de la commune…
D’autres églises ou chapelles de la même période construites à Lège-Cap-Ferret ici, ou encore là…

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