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Un regard du CAUE sur...

Maisons du Petit Cardinal

Rue du Petit Cardinal 33100 Bordeaux
Le + CAUE

Membre du Club UNESCO, le CAUE a visité cette opération en compagnie de Bernard Blanc, directeur général d'aquitanis.

Programme

Construction de 18 maisons mitoyennes à ossature bois entre-deux...

Concepteur(s)

Atelier Provisoire

Maître(s) d'ouvrage

aquitanis

Type de réalisation

Habitat semi-collectif

Date de réalisation

2013

Surface

1 714 m² SHAB

Coûts

2,87 M€ HT ; soit 1670€HT/m²

Crédits photos

© Jean-Christophe Garcia

Date de mise à jour

15 février 2017

« Programme < Projet > Usage. Par la convocation immédiate, par le maitre d’ouvrage, d’une connaissance et pratique des usages, cette séquence peut s’inverser et devenir Usage > Programme > Projet.
Ainsi se règle la pratique entre professionnels au nom des usagers éternels absents, ces « fantômes du futur » des projets à venir. »

Des hauts et des bas… dans les logements existants alentour

Des hauts : les hautes barres de logements collectifs de la cité de la Benauge
Des bas : les échoppes en RDC ou R+1 maximum de la rue du Petit Cardinal
La physionomie, le profil de cette opération de 18 maisons de ville mitoyennes va ainsi s’amenuisant ; de R+1 sur rue, à l’identique des  maisons parallèles, vers du R+0 à l’arrière, pour « retrouver l’échelle du piéton » côté venelle. Cette forme particulière, en paliers progressifs, trouve évidemment  sa cohérence dans l’organisation interne de chaque logement.

Des hauts et des bas… dans la végétation du site de départ
A l’origine sur la parcelle se trouve un mail de platanes dont un, plus haut que les autres, sert de point de repère et de lieu de rencontres aux habitants. Conscients de la valeur d’usage du site (passages, raccourcis, convivialité…) les architectes ont délibérément coupé le bloc de maisons en deux (10 d’un côté, 8 de l’autre) conservant autour de ce grand platane ces fonctions préexistantes et confortant cet espace de rencontres avec la mise en place des boites-aux-lettres, d’un banc, de luminaires. La venelle arrière non privative et donc ouverte à tous, a de même été  ménagée pour distribuer les jardins arrière et plus largement pour favoriser les flux, les connexions, les possibles entrées et sorties.  Cette « contre-allée »,  plantée de jeunes platanes, s’inspire des cheminements maillant la cité.

Des hauts et des bas…  dans le logement
Au départ on l’a compris deux hauteurs de niveaux. A l’entrée,  un passage (bien plus qu’un strict couloir) accueillant la cuisine avec, à droite, une chambre et au-dessus les deux autres. Vient ensuite l’escalier et les sanitaires à droite, supportant à l’étage un coin famille –un espace en plus, hors programme- en mezzanine. Au bout, le séjour en double hauteur dont  le plafond penche franchement et se connecte à la  « pièce à tout faire» de plain-pied uniquement, au toit à plus douce inclinaison. L’ensemble offre donc une habitation traversante avec  une double entrée, des percées visuelles et des apports de lumière conséquents.

Des blancs et des bois… dans les matériaux
Des blancs : des panneaux de fibres ciment blanc habillent  les longues façades, en écho aux pierres claires des échoppes et aux  grises plaques des immeubles voisins.
Des bois : le Pin des Landes est utilisé pour l’ossature bois, les volets, les huisseries et le bardage des pignons intérieurs.

Des entre-deux… entre la rue et l’habitation 
Non loin de là, Boulevard Jules Simon, quelques maisons ouvrières en bande sont implantées en recul par rapport à la voie ; comme unies dans un ensemble par la répétition des volumes, des éléments de vocabulaire (grilles, marquise, perron…) mais dissemblables par les couleurs, les petites modifications apportées, bref les appropriations successives des habitants.
Dans cet esprit, une courette, un sas entre la rue et le logement est proposé, encadré par un astucieux système de « boîte- perron » : d’un côté un perron avec emmarchement et marquise transparente (reprenant le modèle cité) à personnaliser à l’usage ou à l’usure ; de l’autre un cagibi de plain-pied prévu pour le voisin dont chacun bénéficie. A l’opposé, côté venelle, une rampe en bois –accessibilité par l’arrière pour tous les logements- rejoint la terrasse ; cet ensemble encadre et magnifie le petit jardin.

Des entre-deux…  entre le jardin et le séjour
La « pièce à tout faire  » constitue une sorte de jardin d’hiver  non chauffé et orienté au Sud  qui  augmente de 15 m² la surface habitable  et s’ouvre entièrement sur le jardin, rappelant le principe de la maison Latapie à Floirac des architectes Lacaton & Vassal et contribuant à la régulation thermique du logement.

Le site des architectes…

Sur la carte