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Un regard du CAUE sur...

Port de Plassac

Rue du Port 33390 Plassac
Le + CAUE

Le CAUE a produit une étude préalable au réaménagement du port en 2012.

Programme

Aménagement du port avec réalisation d'un cheminement piéton en bois

Concepteur(s)

Atelier Palimpseste : G. Laizé (paysagiste) ; C. Broichot (architecte)

Maître(s) d'ouvrage

Commune de Plassac

Type de réalisation

Ambiances et paysages

Date de réalisation

2013

Surface

2 800 m² dont 200 ml de passerelles bois

Coûts

125 000 € HT

Crédits photos

CAUE de la Gironde

Date de mise à jour

2 août 2016

Comment aménager ce petit port installé sur un estey ?

En articulant trois espaces :
Au bord de la route principale traversant le village de Plassac, le muret de clôture de la parcelle avait été percé pour servir d’entrée. Un chemin de traverse préexistait, formé par les passages répétés des usagers du port et promeneurs aventureux.
Plassac-port-village

Lors du réaménagement du port, cet accès a été conservé  (voire « officialisé » par un ragréage des tranches du muret). Le sentier se matérialise désormais par un réseau de mini-passerelles s’avançant entre les palmiers (plantés jadis en souvenir des marins) qui conduit à trois terrasses de bois ; trois aires de pique-nique.
Pour sortir de cet espace arboré en creux, plutôt fermé par le couvert végétal, et se connecter au paysage estuarien ouvert, il faut suivre le chemin de bois, passer le talus-digue enherbé et redescendre via un petit escalier de deux marches en acier corten. Là, le choix s’opère entre rejoindre la place minérale du port (pas encore aménagée) ou emprunter la longue passerelle longeant l’estey. Ces trois espaces sont à relier entre eux et avec le village pour en faire un véritable espace public.

Plassac-passerelle-Plan masse


Comment aménager un site aussi rustique que ce petit port qui vit au gré des marées et marnages, le recouvrant régulièrement de boue ?

En privilégiant la simplicité :
Deux matériaux récurrents sont employés : le bois (passerelles, terrasses, mobilier) conjugué à l’acier corten (escalier, mobilier), en écho aux mâts existants. Le mode constructif mis en œuvre est volontairement simple et apparent : des pieux de chêne sont enfoncés dans le sol sur lesquels se vissent équerres et platelage des passerelles et terrasses.
Cet esprit de bricolage et d’économie de moyens joue sur le respect de l’ambiance originelle. Bien que choisi aussi en bois et acier, le mobilier préfabriqué installé crée toutefois un léger décalage entre le parti pris d’identité locale et la standardisation, la globalisation que peut évoquer ce choix.
Le talus-digue conserve sa surface enherbé. La végétation est le 3ème matériau brut (et économique) convoqué dans la palette de vocabulaires et de couleurs.


Comment aménager un site aussi simple que ce petit port qui vit auprès du prestigieux estuaire de la Gironde, le recouvrant régulièrement de badauds et marins ?

En intégrant au mieux la passerelle de bois, élément clé du programme :
Longue de 170 mètres linéaires, cette passerelle « pieds au sec »  sert tant aux plaisanciers en desservant les passerelles secondaires menant aux bateaux qu’aux promeneurs ralliant l’estuaire de la Gironde.
Pour une inscription fine dans le site, la topographie est respectée au maximum. Positionnée d’une part le plus bas possible, sur la risberme, l’impact visuel de la passerelle est limité afin de favoriser une perception large et sans obstacle du paysage qui s’ouvre… Partis pris d’ailleurs qui nécessita de frôler les limites de la norme d’accessibilité. La courbe de ce cheminement en bois suit d’autre part celle naturelle de l’estey. Une plaque de métal, de la même couleur sombre que les mâts des pontons, se colle sous le platelage de chêne de la passerelle pour écraser davantage encore la perception et renforcer l’horizontalité du site.


Sur la carte