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Un regard du CAUE sur...

Une maison Girolle

33650 La Brède
Le + CAUE

C type d'habitation constitue un chapitre du 1er tome de "Maisons de Gironde" co-édité par le CAUE de la Gironde et le Festin

Programme

Une maison individuelle tout autant économique que qualitative architecturalement parlant

Concepteur(s)

Salier Courtois Lajus Sadirac ; entreprise Guirmand

Maître(s) d'ouvrage

Privés

Type de réalisation

Habitat individuel

Date de réalisation

1966

Surface

80 m²

Coûts

Moins de 400 000 francs (années 1960/1970)

Crédits photos

CAUE de la Gironde

Date de mise à jour

28 novembre 2016

Une architecture en osmose avec la nature
Dans les années 1960, les budgets modestes des nouveaux commanditaires faisaient les beaux jours des maisons industrielles et préfabriquées, souvent au mépris de la qualité architecturale.
C’est dans ce contexte qu’en 1966, les architectes de l’agence bordelaise Salier-Courtois-Lajus-Sadirac constatèrent que leur clientèle s’évaporait en se tournant vers des produits banals et meilleur marché. L’équipe d’architectes conçoit alors la girolle, une maison de moins de 400 000 francs, couvrant une superficie d’environ 80 m² (soit 3 travées de 27m²)  et comprenant séjour, coin cuisine, deux chambres, un bloc eau et un abri voiture transformable en pièce habitable.

Une architecture alliant modernité et tradition
Pour répondre à ce programme, l’équipe abandonne la toiture-terrasse, leitmotiv des précédents projets, pour coiffer la structure d’un toit de tuiles à deux pentes plus traditionnel. Avec son large débordement sur la façade sud entièrement vitrée, cette toiture propose de l’ombrage, tout en rappelant l’architecture rurale traditionnelle aux toitures dissymétriques.
Afin de réduire les coûts, l’essentiel de l’habitation est pré-assemblé, reposant sur la mise en place d’une ossature bois et sur la confection, réalisée en atelier, d’un mur technique intégrant les réseaux, autour desquels s’organisent les pièces nécessitant de l’eau. Cette partie est le noyau dur. La maçonnerie se limite à des murs extérieurs ne dépassant pas 2 mètres de haut et dont la construction est facilement réalisable par un maçon, sans échafaudage. La partie supérieure des pignons est vitrée côté séjour et comblée par un pan de bois côté chambres.
La volumétrie intérieure, rendue plus spacieuse grâce au plafond qui suit la pente du toit, contraste avec l’aspect extérieur plus trapu de l’habitation. Mais la toiture très basse avec son avancée sur le sud lui permet de s’intégrer facilement dans le paysage forestier environnant. Cette osmose avec la nature est également amplifiée grâce à la grande surface vitrée de la façade contre laquelle se reflétait la végétation des abords.

Une architecture généreuse
Les chambres sont généralement disposées au nord, de manière à libérer la façade vitrée pour la pièce à vivre au sud. Le système standardisé de travée de trois mètres permet d’y insérer les différentes pièces, même si une certaine modularité dans le plan fut possible à condition de respecter la trame de 60 cm dictée par l’ossature bois (cette trame découle des panneaux de remplissage servant de contreventement de 1,20 m sur 2,50 m disponibles dans le commerce utilisés tels quels, sans chutes).
Girolle-plan1     Girolle-plan2     Girolle-plan3
Exemples de plans selon les travées

Une architecture modulaire
Le plan de base de la Girolle est fondé sur un système de trois travées de 3 m pour une profondeur de 9 m, correspondant à une surface de 81 m². Il accueille ainsi une famille en proposant deux chambres. Mais, dès la conception, le système modulaire conçu par les architectes permet de faire évoluer le schéma initial en l’adaptant pour des familles nombreuses. On peut donc rencontrer des girolles de quatre, cinq ou six travées ; la Girolle étant une maison à vivre, une maison qui vit, qui évolue au gré de ses occupants.
La popularité de cette maison bon marché fut immédiate. L’entreprise Guirmand, associée au cabinet d’architectes pour ce type de réalisation, construisait en effet une cinquantaine de Girolle par an. Alors que la maison évoluait, au gré de la demande, de résidence secondaire en résidence principale, les concepteurs se rendirent compte qu’au lieu d’avoir mis au point un prototype de maison de vacances, comme ils l’avaient pensé initialement, ils venaient d’imaginer, grâce à leur souci d’économie constructive, un système qui, certes, était standardisé, mais offrait des déclinaisons et une souplesse très innovante.

Ce n’est qu’en 1974, avec la première crise énergétique, que l’obligation d’une meilleure isolation rendit la Girolle moins bon marché et, par conséquent, moins attractive. Elle est toutefois aujourd’hui toujours commercialisée et continue de « pousser » sur le territoire girondin.

Un mémoire détaillé sur les Girolles…
Un webdocumentaire sur l’école bordelaise…

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